les ressources
l'amorce d'une bibliographie…
Victor Papanek
Design pour un monde réel
Réédition critique en français d'un ouvrage absolument précurseur et fondamental pour l'inclusion des problématiques sociales, environnementales et des enjeux de durabilité dans les démarches de conception : le manifeste d'une reconfiguration radicale du domaine du design, de ses formes mais surtout de sa mission.
Paru en 1971, publié dans plus de vingt langues, mais indisponible en français depuis 1974, Design for the Real World est, bien plus qu'un classique de l'histoire du design, le livre-manifeste de tout design politique et écologique. Il vise l'inclusion sociale plutôt que le profit monétaire, lutte contre l'asservissement des besoins au marché, prône le respect de l'environnement plutôt que l'exploitation illimitée de la nature et de ses ressources. Cette réédition critique de la traduction française, accompagnée d'essais d'Alison J. Clarke et Emanuele Quinz, offre un aperçu du programme de Victor Papanek : confier au design une mission révolutionnaire, qui, aujourd'hui plus que jamais, révèle son étonnante pertinence.
« Dans ce livre, réédité cinquante ans après sa première parution, Victor Papanek démonte avec un redoutable franc-parler la logique de rentabilité qui pousse l'industrie à produire du médiocre et du jetable sans rapport avec les besoins réels de l'humanité […]. Au-delà de l'appel à l'éthique professionnelle, Design pour un monde réel est aussi un plaidoyer pour une société fondée sur l'entraide plutôt que sur le darwinisme social. C'est enfin un fascinant document sur l'état du monde au début des années 1790 […]. Il y a cinq décennies, les esprits lucides étaient conscients du danger de dérèglement climatique et de ses causes […]. Il est donc cette fois grand temps de le lire, ou de le relire. Et de le mettre en pratique. »
Xavier de Jarcy, Télérama
Source : Les presses du réel et disponible au CDI de l'ÉSAAT
Pierre Damien Huyghe
À quoi tient le design
« Design » est un mot qui depuis quelques temps fait partie du vocabulaire de tout le monde ou presque, le genre de signifiant qui imprègne l’air du temps, d’une époque qu’on se retiendra de qualifier un peu trop précipitamment de « post-moderne » pour se contenter de dire que le design, le mot et les choses qu’il est censé recouvrir, a à voir avec ce qu’on appelle depuis la situation d’extrême lucidité d’un poète comme Baudelaire, « la modernité ».
L’usage exponentiel du terme ainsi que la prolifération des produits estampillés à tort ou à raison sous ce label accompagnent l’ordinaire de nos existences de consommateur ou, pour le dire d’une façon moins marquée, accompagnent l’usage que nous faisons du monde. Qui n’a pas chez lui, dans son intérieur comme on dit encore parfois, sur lui-même, à même son corps ou dans sa poche, d’ailleurs elle aussi désignée à cet effet, une chose relevant du design ? Et qui n’a pas plus d’une fois entendu ou prononcé cette locution qui touche autant à la candeur qu’au ridicule : « c’est design » ?
À présenter ainsi les choses, on pourrait croire que le design a envahi nos vies, c’est-à-dire nos dires et nos pratiques, comme si ce drôle de phénomène que le vocable anglais rend à la fois familier et un brin dépaysant était tapi dans tous les recoins du quotidien, de la brosse à dents à la maison ou à l’appartement en passant par le vêtement, pour ne rien dire de toute la batterie des produits issus de la révolution numérique. Dire ainsi les choses, c’est assurément verser dans l’exagération ; et puis sous-entendre que le design serait partout revient à affirmer qu’il n’est finalement nulle part. Le design serait-il en train de nous échapper, serait-il en train de glisser sur la ligne de fuite de nos conversations et de nos compulsions consuméristes ?…
Source : strabic.fr et disponible au CDI de l'ÉSAAT
Pierre Damien Huyghe
Contre-temps, De la recherche et de ses enjeux.
Arts, architecture, design.
Alors que les perspectives des universités se modifiaient au niveau européen, les écoles d’art en France se sont trouvées obligées de répondre à ce que Pierre-Damien Huyghe présente comme une « injonction à faire de la recherche ».
Cette injonction a un contexte : le merchandising des savoirs. Le philosophe dresse un état des conséquences en matière d’éducation et d’enseignement, et examine les possibilités demeurant dans les champs des arts, du design et de l’architecture. Entre ces trois domaines, malgré les discussions, une parenté existe : tous ne sont pas intrinsèquement discours. Ainsi des expériences spécifiques de fabrique aptes à faire recherche peuvent s’y développer. Il s’agit de donner au fait de faire une place singulière et de faire cas de problèmes qui peuvent se poser en lui et depuis lui. Que sont ces cas ? Comment se montrent-ils ? Comment les relever ?
Au-delà, comment écrire non pas sur mais avec l’expérience de l’art, de l’architecture et du design ? Aucune de ces questions n’est économiquement motivée. C’est en dernière analyse la condition politique de l’humanité qui se trouve en elles esquissée.
Source : Éditions B42 et disponible au CDI de l'ÉSAAT
Pierre Damien Huyghe, Simon Givelet & Vincent Boutry
Table ronde : Design et anthropocène30 novembre 2022
Pierre-Damien Huyghe, philosophe et professeur émérite en esthétique à l'Université Panthéon-Sorbonne, Simon Givelet, architecte, membre du collectif Zerm et Vincent Boutry, chef de projet à l'Université Populaire et Citoyenne de Roubaix, co-responsable de Roubaix en transition questionneront la place du design au regard de l'urgence écologique.
Source : Communication ésaat / Youtube
Vivien Philizot
Une cartographie de la recherche en design graphique
Ces dernières années ont vu l’émergence d’un intérêt grandissant pour la recherche, que l’on mesure à l’aune des axes et des projets développés dans les écoles d’art, du nombre croissant de thèses en préparation dans les universités et les écoles d’art, du travail de consolidation fait par différents acteurs institutionnels.
Faire de la recherche, c’est se donner l’opportunité de nourrir en retour la pratique, c’est contribuer à documenter son histoire, à en renforcer l’ancrage contextuel. C’est aussi tenter de dégager ce qui fait la spécificité de l’activité du designer graphique, à la frontière du champ artistique et de nombreuses autres pratiques. Dépassant une conception du design graphique comme art décoratif, la recherche semble bien permettre de réaffi rmer le rôle fondamental du design graphique dans notre société…
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